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Un punk moins voyou

Disruption des Vulgaires Machins

Genève BLAIS

Comme plusieurs groupes musicaux de la génération du second référendum, celle qui s’est formée au milieu des années 1990 avec des groupes comme Les Cowboys Fringants, Mes Aïeux ou Loco Locass, les Vulgaires Machins se distinguent par leur engagement. Dès la parution de leur premier album en 1996, La vie est belle, qu’ils ont entièrement réalisé, le groupe punk-rock s’illustre par des pièces crues et engagées, voire parfois violentes. Les Vulgaires Machins sont en effet reconnus pour leur prise de position inflexible face aux enjeux de société et leur dénonciation des situations qui les affectent. L’album Disruption, paru en 2022[1], laisse pourtant croire que ce temps est révolu. Si on le compare par exemple avec l’album le plus connu des Vulgaires Machins, Compter les Corps, on remarque que ce nouvel album est plus subtil dans la façon de contester, alors que Compter les Corps avait des paroles provocantes et explicites, une interprétation extrêmement crue des textes afin de communiquer leur critique de la société. 

 

Toutefois, ce n’est qu’une illusion : ce nouvel album est tout aussi engagé que les précédents, quoique plus discret dans sa façon de protester. Il y a une sorte de discordance entre le style musical du punk, les textes et l’interprétation des artistes du groupe. C’est un genre de distorsion entre la sonorité, qui a peu changé, et les paroles, beaucoup moins percutantes. Disruption conteste de façon plus réservée, en partie grâce à la douceur qu’amène Marie-Ève Roy, qui a composé et interprété la moitié des textes de l’album[2]. Les artistes et leur engagement restent toujours aussi pertinents qu’ils l’étaient il y a dix ans. Comme ils le diront en entrevue, il y a un certain « sentiment d’impuissance qui nous habite tous, qui nous plonge parfois dans un aveuglement volontaire »[3]. C’est cette impression de confort et d’indifférence qui sera abordée dans le texte qui suit. Celle-ci est à la source de leur esthétique sur cet album : ils feignent se complaire dans ce confort, ils jouent l’indifférence dans les pièces de Disruption, tentant ainsi, comme le titre de l’album le suggère, d’agir à la manière de l’« ouverture brusque d’un circuit électrique » (Le Robert). Le mot « disruption » fait aussi référence à l’innovation disruptive dans l’univers des technologies : quand le fonctionnement d’un marché change radicalement, que la stabilité se rompt brutalement, cela crée une disruption[4]. L’apparition des téléphones intelligents, qui ont remplacé les téléphones traditionnels et modifié notre quotidien, en est un exemple flagrant. Le confort, l’indifférence campée par les Vulgaires Machins agit en fait comme une stratégie « disruptive » qui vise à déstabiliser l’auditeur, à ébranler sa passivité, comme on le perçoit plus particulièrement dans les pièces « Asile », « Vivre », « Obsolète », « Liberté », « Imbécile » et « OK ».

 

 

Du confort et de l’indifférence

L’expression « le confort et l’indifférence », qui qualifie bien la posture des Vulgaires Machins sur l’album Disruption, est bien connue au Québec. Elle est devenue assez commune dans les milieux journalistique, politique et sociologique, et est reprise pour traiter de divers sujets afin de mettre en perspective « combien l’humain peut être indifférent à sa propre précarité, car trop à l’aise dans son douillet quotidien »[5]. Le confort tourne en effet à l’indifférence quand on explore l’attitude passive et détachée de la population confrontée aux enjeux majeurs qui, pourtant, devraient l’ébranler. On la repère dans bon nombre d’articles qui, notamment, abordent le sort des femmes iraniennes[6], le déclin du français au Québec[7], ou même quand on traite de notre attitude face à l’invasion de l’Ukraine par la Russie[8]. Le groupe rap Loco Locass, reconnu comme les Vulgaires Machins pour son militantisme, emploie par ailleurs l’expression telle quelle dans la chanson « Tous les jours » : « Renoncer, c'est être libre de disparaître sans plus attendre / Chacun pour soi dans le confort et l'indifférence »[9].  

 

Cette expression, on la doit à Denys Arcand, un grand réalisateur québécois qui a produit un documentaire intitulé Le confort et l’indifférence pour aborder, dans le contexte de l’échec du référendum de 1980, la mollesse des Québécois lorsque vient le temps de se lever, de prendre des décisions. Bref, Arcand dénonce le « confort » de la société québécoise transformée par la révolution tranquille, qui reste indifférente aux enjeux qui la touchent. En d’autres mots, « on y explore la perspective dans laquelle les perdants du référendum ont fini par se laisser glisser dans le confort et l'indifférence et se sont retrouvés, quelques années plus tard, à l'aube du déclin de l'empire américain »[10]. Denys Arcand a voulu donner un électrochoc aux Québécois en dénonçant leur attitude. Les réactions ont été violentes, et Arcand s’est même fait accuser de mépriser le peuple. Dans son fondement, pourtant, l’attitude du peuple ne change pas et Arcand n’a pas vu l’intérêt de rectifier le tir avec un documentaire plus flatteur à l’égard des Québécois, car «la même donne […] ne varie presque pas»[11]. Les Vulgaires Machins pourraient bien avoir réussi là où Arcand a plus ou moins échoué, en exploitant pourtant une stratégie similaire : exposer le confort et l’indifférence dans leurs chansons pour faire réfléchir et peut-être secouer le peuple. 

 

Le confort correspond à « ce qui contribue au bien-être, à la commodité de la vie matérielle », mais aussi à une « situation psychologique [qui est] confortable [et] qui permet de mieux supporter un mal » (Le Robert). L’être humain reste une créature qui aime son confort et veut conserver cet état. Le changement le dérange profondément : une fois qu’il est implanté dans un système qui fonctionne et qui assure son confort, il ne cherchera pas à modifier ses habitudes. L’aisance du quotidien procure un sentiment de sécurité qui incite au refus du changement par désir de conserver cette facilité. Arcand notait justement lors de la production du documentaire que les arguments des deux camps du référendum «tournaient toujours à propos du confort»[12]. Les choses ne semblaient pas être si sérieuses pour les Québécois, puisque la veille du vote, le Stade Olympique organisait un salon de la camionnette modifiée[13]. Ce qui aurait dû être une plaque tournante dans l’identité du Québec n’était qu’un évènement comme un autre, finalement. Le Québécois vit bien dans cette société de consommation dont le « tissu social [est] en ruines » (« Asile », Disruption) ; à quoi bon bouleverser ce mode de vie ? Un confort trop prononcé peut donc mener à l’indifférence, un « état de la personne qui n’éprouve ni douleur, ni plaisir, ni crainte, ni désir » (Le Robert), soit à un détachement, une apathie, à l’égard d’une chose ou d’un événement. C’est cet esprit qui se dégage des pièces de l’album Disruption et qui rend la critique inusitée.

 

 

 

 

 

 

« Asile »

Il parait évident que ce confort est mis de l’avant dans les premiers couplets d’« Asile », surtout en lien avec son aspect égoïste. L’interprète, Guillaume Beauregard, chante qu’il est « enfermé dans [ses] problèmes, solidaire de [son] narcissisme, [et se plaint] dans le line up au Tim », un couplet centré sur sa personne, sur son état d’esprit. Le début d’« Asile » présente que son petit confort, son égoïsme, supplante tout le reste, ce qui explique pourquoi il serait « solidaire de [son] narcissisme ». Ce couplet contient cet élément égoïste avec le fait que le locuteur est concentré sur ses problèmes au point où il est « enfermé » dans ceux-ci ; son narcissisme le contrôle complètement. Aussi, les deux derniers vers (« J’me plains dans le line up au Tim/ Que le monde est rendu triste ») indiquent une certaine impuissance. Il se plaint que « le monde est rendu triste », mais il participe en quelque sorte à cette tristesse généralisée du monde en attendant dans une file pour recevoir sa commande. Il se conforme, il suit les règles qui le rendent malheureux, il s’enfonce dans le confort de cette bouffe américanisée semblable à toutes, du café aux beignes. Le paysage du restaurant en franchise dans lequel le locuteur évolue « est peut-être laid/ Mais la pub est tellement sublime ». Une figure d’opposition se retrouve dans ces vers avec les adjectifs « laid » et « sublime ». On tente de vendre une publicité clamant que le paysage n’est pas si horrible puisque cette même publicité est belle. La chanson prétend donc que la réalité n’est pas ce que l’on voit, elle est déformée par des mensonges, des mirages. Les vers suivants font également référence à ce paysage : « Que j’vendrais mon jardin secret/ Pour me faire un plus gros parking ». Un jardin secret correspond à ce que nous gardons pour nous. Le locuteur affirme qu’il vendrait ses secrets pour avoir « un plus gros parking ». Le « parking » est le résultat de cette « pub » qui semble trop belle pour être vraie. C’est une sorte de cercle vicieux : la vente du « jardin secret » permet de construire ce « plus gros parking », donc de rendre « le paysage [...] laid ». Le locuteur semble avoir perdu tout jugement critique. Grâce à la publicité, il croit ce qu’elle veut, il n’est plus capable de réfléchir. L’argent lui offre son confort, et l’indifférence qui en découle affecte son jugement. Il est dupé par la publicité.

 

Le refrain trahit ce sentiment d’impuissance mentionné plus haut, ce sentiment d’être perdu : « Mais qui met de l’acide/ Dans mon eau potable/ Je crois que j’hallucine/ Je crois que je divague/ Au milieu d’un champ de mines/ À sourire au désastre ». Les verbes « halluciner » et « divaguer » ramènent à cet élément d’être perdu puisqu’ils représentent un état d’esprit où la réalité est faussée par le cerveau qui altère les perceptions. La seule explication possible repose dans l’acide qui doit être dans l’eau qu’il boit, car participer à son malheur va certainement à l’encontre de la logique. Le cerveau joue des tours, et le protagoniste finit par « sourire au désastre » alors qu’il se tient dans un « champ de mines » qui explose autour de lui (le désastre). Il a perdu ses repères. L’indifférence se glisse dans son raisonnement quand il se rend compte que « tout ce [qu’il] espère est un mirage ». À quoi bon changer ses habitudes quand tout n’est qu’une illusion ? La notion de distorsion, de déformation de la réalité, est très présente dans cette chanson : la publicité qui vend un paysage sublime, le locuteur qui hallucine et divague dans un champ de mines et ses espérances qui deviennent des mirages résonnent avec cette idée d’une fausse réalité. La conséquence de cette distorsion est le confort, puis l’indifférence face à cette même déformation. Le cynisme s’empare du locuteur, car le tissu social est en ruines : tout le monde est enfermé dans une fausse réalité. C’est au point où le personnage campé par Beauregard se demande qui sera avec lui quand il sera admis à l’asile, ce qui nous fait comprendre qu’il devient fou à mesure qu’il reste « enfermé dans [ses] problèmes/ Solidaire de [son] narcissisme ». Sa capacité de prise de décision se détériore et l’empêche de vivre. 

« Vivre »

L’incertitude mentionnée dès le premier couplet de la première chanson sur l’album, « Vivre », apporte également une lumière sur l’indifférence. D’une certaine manière, l’indécision correspond à l’indifférence, car quitte à ne pas savoir quelle décision est la meilleure, on préfère ne rien faire du tout : « Fuir, tous les instants/ Envahie par les inquiétudes/ Perdre le fil de mes engagements/ Faire face à l’état d’incertitude/ Et les tourments ». Le champ lexical de ce couplet dépeint une sensation de confusion, la protagoniste interprétée par Marie-Ève Roy semble perdue, et les mots utilisés représentent en quelque sorte un sentiment de défaite : « fuir », « envahie », « inquiétudes », « perdre », « faire face », « incertitude », «tourments». Puis, un comportement passif se traduit dans les paroles du deuxième couplet de « Vivre » : « Tant que je ne ferai pas face à moi-même/ Je n’pourrai déjouer tous les stratagèmes/ De cette force qui m’oppose au mouvement ». On comprend que la locutrice est consciente de son attitude passive, et qu’elle ne pourra pas contrer la commodité du confort de sa situation si elle ne cherche pas à changer son comportement. Il faut porter une attention particulière à ce vers de «Vivre» : « De cette force qui m’oppose au mouvement ». Ce dernier encapsule exactement le thème du confort. Il devient un piège, un état léthargique dont il est difficile de se défaire, voire presque impossible. La paresse devient un boulet qui l’empêche de contester, une « résistance aux tremblements » produits par les problèmes sociaux, climatiques, politiques et économiques qui frappent le monde dernièrement. Ces « tremblements » correspondent aux mouvements de la population qui se lève contre le radicalisme politique d’« une droite et [d’]une gauche incapable d’avoir une discussion qui a du sens »[14], aux prises de position des individus qui décident aujourd’hui de tenter le combat contre le climat malsain d’une société de surconsommation Le choix des mots comme « résistance » ou « force », permet de créer une impression assez physique du confort qui pèse sur les épaules de la locutrice.

 

Il est possible de croire que cette « force » qui perturbe la locutrice soit la force du confort qui tente de l’empêcher de s’exprimer pour dénoncer, peut-être par peur, peut-être par souci de sécurité. C’est une sorte de désenchantement, qui s’inscrit d’emblée dans le concept de l’indifférence : « Et tant que mon visage niera ma peine/ Je resterai étrangère à la tienne/ Vivre, le mauvais temps/ Résolue dans ce flou immense ». Après tout, le désenchantement est une façon de refuser d’agir. Mylène Farmer évoquait déjà ce sentiment avec « Désenchantée », produite en 1991, dont les paroles pessimistes résonnent avec l’impression d’indifférence et le besoin de se sortir de cet état : « Je n’ai trouvé de repos/ Que dans l’indifférence/ Pourtant, je voudrais retrouver l’innocence/ Mais rien n’a de sens, et rien ne va »[15]. Les Vulgaires Machins reprennent ce thème aujourd’hui avec des paroles qui rappellent cette envie de s’extirper du confort de l’indifférence : «Vivre, le mauvais temps/ Résolue dans ce flou immense/ Une lame entre les dents/ J’accueille la fin de l’impuissance/ De mon silence ». La protagoniste accueille la fin de son silence, de son impuissance. Peut-être qu’elle essaye de se sortir de son état, elle a une lame entre les dents après tout, ce qui constitue une image forte d’une intention de résistance ou d’être sous tension, c’est la projection de quelqu’un qui est prêt à l’action. Malgré cela, la locutrice ne semble pas pour autant vouloir se lever pour contester tant que cela, car l’interprétation de cette chanson est saccadée et lente ; elle est presque léthargique, malgré le rythme rapide et électrique de la mélodie. Si la musique tente de créer un électrochoc, le personnage de Roy demeure insensible. Le vers « Résolue dans ce flou immense » revient à dire qu’elle accepte son état : elle est déterminée à « vivre le mauvais temps ». Le flou et le mauvais temps font simplement partie de sa vie, et elle est confortable dans cela. Pourquoi agir quand on sait que cela est obsolète?  

 

« Obsolète »

Le cinquième titre de l’album, « Obsolète », renvoie à un adjectif qui désigne quelque chose qui est « dépassé, périmé ou désuet (Le Robert). Cette chanson se caractérise par l’utilisation flagrante de pronoms et déterminants possessifs à la première personne du singulier. Elle reprend le narcissisme d’« Asile » avec les pronoms personnels du « je/j » et du «me/m’», en plus des adjectifs « mon/mes », qui reviennent 45 fois dans le texte. Des vers comme « Tous mes idéaux tombent », « Je n’suis plus solidaire » ou « Je me possède, je l’oublie, je m’ennuie et j’arrête » témoignent de cette utilisation abusive des pronoms et des adjectifs de la première personne du singulier. Il y a une fixation du locuteur sur sa propre personne. Il est tellement concentré et obsédé par lui-même qu’il ne perçoit plus rien de ce qui se trame autour. Quand le personnage exprime qu’il dénonce, déserte, renonce et cède, ou qu’il recule, qu’il regrette, qu’il s’annule et crève, on peut comprendre l’évolution qui se produit quand le confort rend si fainéant qu’il mène à l’indifférence, et éventuellement à notre perte. On note une énumération de verbes, et il s’agit d’un procédé sans émotion, « froid » qui révèle son indifférence. C’est également une gradation qui « descend », soit une dégradation. Il commence en étant engagé, puis perd l’intérêt de dénoncer pour s’enliser dans le confort, et finit par s’effacer dans sa propre indifférence. Ses idéaux tombent, il finit par perdre « toute forme de compassion » et cultive la haine, ce qui l’emmène à accepter des choses qu’il ne devrait pas tolérer.

 

Par ailleurs, le vers « l’avenir est bipolaire » incite l’auditoire à assumer qu’il n’y a que deux futurs possibles, donc pas de choix réel entre un avenir extrêmement négatif ou extrêmement positif, à l’image de la bipolarité. De plus, lorsque le locuteur affirme que « […] le déni me rassure et m’apaise », il renforce cette idée que la perte de ses idéaux entraîne ce confort. Le nom « déni », dans un sens psychologique du terme, correspond à « un refus de reconnaître la réalité » (Le Robert). Paradoxalement, les verbes « rassurer » et « apaiser » traduisent le réconfort du locuteur. Ce vers comporte une sorte d’antithèse, car le nom « déni » accolé à ces verbes traduit un contraste entre le sentiment vécu par le protagoniste et la réalité, qu’il ignore délibérément. Il cherche l’issue, mais l’histoire se répète, « et le geste se révèle obsolète », « le sens se révèle obsolète ». Le « sens » ici fait peut-être référence au militantisme. L’histoire qui se répète pourrait aussi être une allusion à l’habitude du locuteur d’essayer de dénoncer, qui se solde par un échec et éventuellement à une perte de ses idéaux. Sa manie de vouloir contester sans jamais n’aboutir à rien devient donc obsolète, et l’intérêt de changer les choses disparaît dans l’indifférence.

 

D’un point de vue littéraire, ce genre d’attitude défaitiste du personnage de la pièce « Obsolète » évoque une réalité dystopique, soit une société sous le joug du totalitarisme et d’idéologies néfastes, dépeignant « un monde utopique sombre » (Le Robert, Le Larousse). 1984, de George Orwell, en est un bon exemple. Écrit comme un avertissement contre le totalitarisme, ce roman dépeint une réalité dystopique terrifiante où « Big Brother » surveille les humains et les contrôle. Le gouvernement dans cette œuvre maîtrise la population et limite sa liberté grâce à une police spéciale et un langage de propagande cherchant à retirer toute pensée indépendante chez l’être humain. La liberté ainsi disparaît. 

 

« Liberté »

Vulgaires Machins aborde justement Orwell dans « Liberté », la deuxième chanson de l’album, avec les vers « Pour citer Orwell hors contexte/ Comme un parfait robot-rebelle ». Le groupe fait d’abord référence aux individus qui utilisent Orwell pour dénoncer la dictature, où le peuple n’a pas de liberté, mais on comprend que ces personnes n’ont pas compris le roman quand ils le « [citent] hors contexte ». Cela paraît ironique : on utilise la dystopie du totalitarisme à titre de mise en garde et pour faire peur, alors imaginez l’ironie de mal interpréter 1984 pour appuyer la morale des libertaires, ceux que la chanson met en scène. Celle-ci fait effectivement référence au Convoi de la liberté de janvier 2022 à la suite de l’obligation décrétée par Ottawa pour les camionneurs canadiens d’être vaccinés afin d’aller aux États-Unis[16]. L’allusion à cet évènement se solidifie quand le groupe dénonce le comportement de ces camionneurs dans une interview avec Le Quotidien, en mentionnant que la seule solution trouvée aux problèmes de société auxquels nous faisons face était « de rouler 20km/h sur l’autoroute en criant libarté! »[17]. C’est lutter pour le statu quo, c’est un refus du changement au nom du complot, et il y a une certaine amertume dans les propos des artistes quand ils pointent la situation du doigt. Dans la pièce « Liberté », ils s’immiscent ainsi dans la peau de ceux qui ont participé au convoi, en quelque sorte, ces libertaires qui prônent « la liberté individuelle au-dessus de tout, surtout devant les contraintes étatiques »[18]. Concrètement, les libertaires s’opposent à l’autorité de l’État ; donc, utiliser Orwell pour justifier leurs idéologies changeantes est fondamentalement ironique selon la définition de ce qu’est le libertarisme. Finalement, dans le deuxième vers cité, l’antithèse du « robot-rebelle » illustre un contraste frappant qui renforce l’ironie. Un robot, par définition, suit une série d’ordres préprogrammés qui l’empêchent d’être à proprement dit « libre » ; il exécute sans réfléchir. Cependant, la juxtaposition à l’adjectif « rebelle » offre une autre perspective, car la rébellion insinue la liberté de penser, donc d’avoir un jugement critique, et un robot ne possède pas cette faculté. 

 

La tonalité ironique se poursuite tout au long de la pièce. Le protagoniste de Beauregard affirme qu’il est un intellectuel, «[un] libertaire sur IOS». IOS est le système développé par la compagnie Apple pour ses appareils électroniques[19]. Justement, il « étudie Marx sur [sa] tablette ». C’est ici que l’ironie se profile, car une tablette est un produit du capitalisme, et Marx prônait un système économique complètement à l’opposé. Le locuteur dénonce en fait la dictature sur IOS : le discours, les fake news en général qui circulent sur le web. Il le fait sur les réseaux sociaux, ce qui veut dire qu’il contribue encore une fois au système qu’il semble tant détester. Il se plaint sur un téléphone intelligent, mais demeure ironiquement ancré dans son confort. Son confort égoïste se traduit dans « Liberté ».

 

Les premières secondes de la pièce sont introduites par le roulement d’un tambour militaire, ce qui constitue une marque significative du récit phonographique. Le tambour revient plus tard après le cinquième couplet, et des cris intelligibles ont été ajoutés, comme pour simuler l’atmosphère du convoi de janvier 2022 ou d’un camp militaire. Cela pourrait correspondre à une figure d’opposition, ou de contraste, avec le titre de la chanson. Pimenter la mélodie avec un roulement de tambour de guerre permet de renvoyer à un régime militaire, à une dictature, où l’humain est conditionné à suivre les règles et obéir aux ordres. Le contraste s’impose quand la pièce évoque plutôt la « liberté » : l’humain dépeint dans la pièce prétend vouloir se rebeller, s’opposer au système, mais comme un robot, il reste enlisé dans son confort. On met donc de l’emphase sur une « fausse liberté » en faisant référence à Orwell, à IOS, à une morale relative aux hypothèses du moment. Le dernier vers de la chanson révèle qu’il ne veut pas changer son confort, car il « faudrait [qu’il] aille vivre dans une caverne ». Il est tentant d’associer cette caverne à l’allégorie de Platon, car dans la chanson « Liberté », il y a un aveuglement volontaire et c’est ce qui est dénoncé par le philosophe grec dans son allégorie. Retourner vivre dans une caverne va cependant à l’encontre de la morale de l’histoire de Platon : le personnage de la pièce ne découvre pas la vérité, il s’y soustrait.

 

« Imbécile »

 

La chanson débute avec un élément du récit phonographique marquant : un bruit de soupir ou de bâillement, indicateur d’un ennui qui sera plus tard assez flagrant. Ce bâillement est aussi une marque d’indifférence. L’interprétation est lente dans le premier couplet et les vers présentent un individu qui fait honneur au titre : « Y paraît que le temps est relatif/ Je ne le comprends pas réellement/ Je fixe le soleil pendant l’éclipse/ Je suis un imbécile ». Sans dire d’abord qu’il est idiot, on peut le comprendre simplement avec les trois premiers vers. Seul un crétin fixe le soleil durant une éclipse : c’est connu que fixer l’astre solaire, pendant une éclipse, peut provoquer la cécité. Le dernier vers cimente cette idée en énonçant que le locuteur est en effet un imbécile. Le premier vers du deuxième couplet précise aussi ce qui occasionne cette imbécillité assumée : « Y’a pas d’espace en dehors de lui-même ». Ce vers rappelle une réflexion philosophique profonde sur la composition de l’univers de philosophes comme Leibniz[20] et Kant[21], mais on se rend vite compte que le premier vers constitue de l’égoïsme pur : il n’y a « pas d’espace en dehors de lui-même » en revient à dire qu’il n’y a personne d’autre que le locuteur dans son univers. Tout est focalisé sur lui et sa personne, peu importe l’absurde de ses occupations et le ridicule de ses réflexions. Un autre vers dépeignant l’absurdité de la situation est celui des épices : « Je mets mes épices en ordre alphabétique ». Le fait qu’il aligne ses épices en ordre alphabétique traduit une perte de temps incroyable, une pure inutilité de son quotidien. Il est tellement enfoncé dans son confort qu’il pose des gestes dénués de sens, comme aligner ses épices alphabétiquement. Le sens des priorités du locuteur semble être imprégné d’une stupidité indifférente.

 

Le deuxième vers de ce couplet pourrait être associé à la coupe Stanley et au désir de Montréal de revoir le Canadien champion du tournoi de la Ligue nationale de hockey, désir que porte le locuteur de « Imbécile » : « J’aimerais que la coupe revienne en ville ». La dernière victoire du Canadien remonte à 1993, quand Patrick Roy ramenait le Coupe en ville. De fait, quand le Canadien se rend aux séries éliminatoires, l’état d’esprit change, l’équipe en devient même nationale : «Tout le monde devient des fans, même ceux qui n’ont pas vu un match de la saison. C’est plus grand que l’équipe, plus grand que le hockey »[22]. Un attachement culturel semble lier le Québec et le Canadien de Montréal, bien que l’équipe soit moins francophone qu’avant. Ainsi, quand le Bleu-Blanc-Rouge s’est qualifié pour la finale en 2021, le soir de la Saint-Jean, le Québec était en fête. Cela « démontre l’importance de cette équipe et de son pouvoir »[23]. Le locuteur de la pièce « Imbécile » exprime ce sentiment partagé par énormément de Québécois, qui pourrait lui aussi être profond s’il n’était pas déclaré avec si peu d’émotion : l’espérance qu’il devrait ressentir n’est pas exprimée dans sa voix. Le dernier vers, quant à lui, frappe de plein fouet avec le nom « génocide » et le verbe « nier » mis côte-à-côte, d’autant qu’il est ramené au même rang que ses préoccupations concernant le hockey : « J’aimerais que la coupe revienne en ville/ Peut-être un jour nierais-je un génocide ». C’est une réalité tragique qui ne suscite pourtant aucune émotion ou aucune réaction de la part du locuteur, l’interprétation est légère. Il semble aussi y avoir une légèreté dans le rythme sautillant et certaines références : les vers tels que « J’aimerais que la Coupe revienne en ville », « Même si l’univers est un hologramme » ou « Je pleure seul en lisant Freud et Kant » sont enfantins, ludiques. Tous ces éléments ne cadrent pas bien avec ce qui est décrit. Il y a une certaine antithèse entre la moralité et l’immoralité qui se joue ici : nier un génocide est grave et immoral, mais le locuteur n’est toutefois pas plus alarmé que cela. De toute façon, il est un imbécile, il le répète après chaque couplet, assumant tout à fait sa bêtise.

 

D’ailleurs, le personnage se permet même de faire référence à Kant dans le dernier couplet, un philosophe reconnu pour avoir tenté de trouver des actions morales et immorales absolues grâce aux concepts de l’universalisation de l’action et le respect de la dignité humaine[24]. Selon Kant, son action de nier un génocide serait immorale, car il n’y a pas de respect pour la dignité humaine. Or, le locuteur n’a aucune conscience de son comportement au final : « Je pleure seul en lisant Freud et Kant/ Les gens comprennent, moi j’en suis incapable ». Le confort de sa propre vie entraîne donc une indifférence face aux problèmes, tel qu’un génocide, qui surviennent à plus grande échelle et dont il a vaguement conscience. Il affirme en effet qu’il « entretient la source qui [l’opprime] ». Il semble y avoir de l’ironie, une sorte de décalage dans la façon de critiquer, car il sait ce qu’est le problème, mais puisqu’il est un imbécile, il garde ses habitudes et n’agit pas. Si le confort est une sorte de résistance au changement, le vers « [changer] c’est ce qu’il y a de plus difficile » reste une représentation d’une carence de motivation. De plus, lorsque le protagoniste affirme que la « souffrance est ineffable », il indique qu’on ne peut pas décrire la souffrance par des mots parce qu’elle est trop intense : l’adjectif « ineffable » désigne ce « qui est d'un ridicule ou d'une extravagance qui dépasse les mots » (Le Larousse). Ainsi, le locuteur n’est pas capable de décrire la douleur qu’il voit ou ressent tellement elle est écrasante… ou parce qu’elle est à ce point ridicule ? D’une certaine façon, il s’en moque. C’est en effet une attitude d’imbécile.

 

« OK »

 Cette chanson annonce directement que la locutrice n’est pas OK. Qu’est-ce que ça veut vraiment dire, de ne pas être OK? C’est une expression familière qui reflète la capacité à reconnaître si on se sent bien ou pas. Dans les faits, il faut savoir faire face à ses émotions pour dire si on est OK ou non. La locutrice est plutôt « emballée dans le décor », elle ne se différencie pas de son confort. Elle affirme qu’elle est « désenchantée à [son] tour », ce qui fait écho au sentiment d’impuissance, ce refus d’agir, qui est présent dans « Vivre ». Dans « OK », « […] les jours recommencent/ Sans freiner la cadence ». Elle ressent « un vide immense », qui pourrait être interprété comme de l’indifférence ou une certaine apathie face à la vie. Cela indique qu’elle voit passer le temps sans jamais vraiment apercevoir de changement, sans jamais sortir de son confort. La protagoniste de Roy le dit sans détour dans le sixième couplet : « Je ne suis pas OK/ Je ne sais plus oser/ Sans ressort/ Enfermée dans le confort ». On voit qu’elle est consciente de son attitude. Elle n’ose plus, elle ne trouve pas de solution, elle est enfermée dans ce qui est familier et confortable.

 

Cependant, il y a une évolution de cet état dans le refrain : « Je veux quitter le carrousel/ Et recommencer à zéro/ Je crois que j’aimerais mieux tout perdre/ Que faire partie de la déco ».  Le premier vers est intéressant quand on analyse le nom «carrousel». Un carrousel est une attraction, habituellement jolie, simple, sans rebondissement. Le côté musical du carrousel pourrait avoir un lien également, car il est familier et rassurant ; on reconnait de loin la mélodie de ce genre d’attraction, il n’y a donc pas de surprise. La locutrice utilise cette métaphore du carrousel pour spécifier qu’elle reste dans cette attraction, cette vie, qui est sans rebondissement ou imprévus, et qui la rassure. Elle demeure là où c’est confortable. Cela pourrait aussi indiquer qu’elle tourne en rond depuis longtemps, et comme elle veut « quitter » cette habitude et tout «recommencer à zéro», elle voudrait enfin sortir de sa zone de confort. Elle veut oser. Elle répète deux fois dans le refrain qu’elle « [aimerait] mieux tout perdre » que rester spectatrice de sa vie (« […] faire partie de la déco »), même si cela entraîne des conséquences plus effrayantes (« Même s’il faut tomber de plus haut »). Aller vers l’inconnu ou vers le nouveau peut susciter de la crainte chez une personne, de l’incertitude, mais cela révèle une volonté d’agir, de changer son indifférence, malgré les risques. De toute façon, « seule la mort est sans remède », alors tout le reste peut changer, et son indifférence peut être « soignée ». La situation actuelle n’est pas finale, elle n’est pas « sans remède » et cette chanson, « OK », révèle ainsi la véritable posture des Vulgaires Machins.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Provoquer autrement

Dans les faits, sur cet album, les Vulgaires Machins feignent le confort et l’indifférence. Ils n’attaquent pas de front comme ils ont toujours eu l’habitude de le faire par le passé ; même la musique est moins percutante, même si elle reste largement punk rock. C’est une posture surprenante, mais pourquoi ? Rappelons que le dernier album du groupe était paru en 2010 et qu’ils ont repris plusieurs de leurs succès en 2011 sur un album acoustique. Il y a ainsi une certaine maturité qui accompagne Disruption, principalement parce que les membres ne sont pas aussi jeunes qu’avant, qu’ils ont des enfants, et qu’ils ne peuvent plus se permettre d’être aussi nihilistes[25]. L’empathie semble aussi être plus marquée sur cet album, en raison de l’influence de Marie-Ève Roy, qui n’est pas aussi cynique que son conjoint, Guillaume Beauregard, comme elle le dira en entrevue[26]. L’émotion prend plus de place, ce qui adoucit les textes et l’interprétation.

 

Le contexte social et culturel de 2022 pourrait également justifier pourquoi le groupe se fait plus discret dans sa façon de contester. Les paroles crues et les mots fracassants peuvent aujourd’hui froisser les cœurs sensibles et la vague de « cancel culture » aurait pu mettre le groupe dans le pétrin. Il y a une certaine prudence sur l’album. Les textes font davantage dans la demi-mesure et la nuance que précédemment, avec des mots comme « bipolaire », « camoufler », « flou », « j’hallucine», « inaudible », « brume », « mirage », « monotone », « métronome », « écho », « relatif », « divague » et « tamisée », un lexique loin du vocabulaire de certaines des chansons précédentes du groupe[27].

 

Or, leur esprit de dénonciation demeure central. C’est le but visé, finalement. Ils revendiquent, mais d’une manière différente, et ils ne veulent pas se répéter, tel qu’ils le confient en entrevue[28]. Les Vulgaires Machins restent donc toujours aussi contestataires ; il n’y a que leur manière de le faire qui s’est modifiée. Si « Asile » dépeint un personnage prisonnier d’un certain narcissisme et d’une fausse réalité, « Liberté » le met en scène dans une fausse liberté qu’il tente de protéger sur les réseaux sociaux. Le roulement du tambour militaire permet d’imager cette fausse liberté, cadrée par des règles et des habitudes abrutissantes. « Obsolète » joue le confort et l’indifférence avec beaucoup plus d’accent mis sur l’individualisme grâce aux pronoms et adjectifs personnels utilisés. « Imbécile » martèle le concept d’indifférence avec des paroles sans fil conducteur, des allusions à des actions simplement inutiles et à une perte de temps incroyable.  « Vivre » présente le confort comme une force pesante et difficile à contrer, alors que « OK » offre une possibilité de se lever.

 

La dernière chanson de l’album, « Je lève mon verre », offre d’ailleurs une lueur d’espoir dans ce « tissu social en ruines » («Asile»). Cette pièce propose une possibilité de justement se lever pour célébrer les liens qui nous unissent, pour sortir de notre confort et notre indifférence afin de réellement contester le système qui nous enferme dans nos problèmes : « C’est si beau quand on s’aime ». Le message de Disruption pourrait être celui-là en fait : être solidaire contre les abus du système afin d’aboutir à un monde meilleur. En ce sens, c’est encore le punk qui émerge de cet album malgré tout, comme l’illustre la référence explicite à B.A.R.F.[29] et à Béru[30] dans les paroles de « Je lève mon verre » : ces deux groupes portent, comme les Vulgaires Machins, des luttes politiques et sociales, caractéristique clé du style musical qu’ils incarnent. C’est un punk moins voyou qui se traduit dans cet album des Vulgaires Machins, mais l’âme rebelle du groupe demeure bien allumée.  

 

[1] VULGAIRES MACHINS. Disruption, Costume Records, 2022. À moins d’indications contraires, toutes les paroles des chansons exploitées dans ce travail sont tirées du livret de cet album. Pour alléger la présentation, la référence ne sera donc pas indiquée à chaque fois.

[2] Caroline BERTRAND. « Les Vulgaires Machins et la colère pertinente », Métro Montréal, 20 octobre 2022 [En ligne] htps : //journalmetro.com/culture/rencontres/2931131/les-vulgaires-machins-et-la-colere-pertinente/(page consultée le 3 mars 2025).

[3] Julien RENAUD. « Les Vulgaires Machins en double secret », Le Quotidien, 17 novembre 2022 [En ligne] https://www.lequotidien.com/2022/11/17/les-vulgaires-machins-en-double-et-en-secret1ed8abfdc34f3e873a4e19988fc88dd2/ (page consultée le 22 février 2025).

[4] C’est le sens octroyé à l’adjectif « disruptif » dans Le Larousse qui est repris ici

(https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/disruptif/25982).

[5] François William CROTEAU. « Le confort et l’indifférence », Le Devoir, 9 août 2023, p. A7.

[6] Kiana MAHDAVI et Mahsa MAHDAVI. « Féministes, cessez de vous complaire dans le confort de l’indifférence », Le Devoir, mercredi 12 octobre 2022, p. A6 (LIBRE OPINION). 

[7] Christian DUFOUR. « Bof, la chute accélérée du français au Québec? », La Presse+, vendredi 2 septembre 2022, p. DÉBATS_4.

[8] Mario DUMONT. « Poutine. Il faut tracer une ligne », Le Journal de Montréal, vendredi 21 janvier 2022, p. 15. 

[9] LOCO LOCASS. Le Québec est mort, vive le Québec, Audiogram, 2012.

[10]CINOCHE. Le confort et l’indifférence, Denys Arcand. [En ligne] https://www.cinoche.com/films/le-confort-et-lindifference (page consultée le 24 mai 2025).

[11] Antoine ROBITAILLE. « Les 40 ans du premier référendum : rien n’a changé, c’est toujours "le confort et l’indifférence"», Le Journal de Montréal, 19 mai 2020, p. 21. 

[12] Ibid.

[13] Ibid.  

[14] Caroline BERTRAND. op.cit.

[15] Mylène FARMER. « Désenchantée », L’Autre…, Polydor, 1991.

[16] Erika AUBIN et Nora T. LAMONTAGNE. « Le « convoi de la liberté » en 10 dates », TVA Nouvelles, 14 février 2022 [En ligne] https://www.tvanouvelles.ca/2022/02/14/le-convoi-de-la-liberte-en-10-dates (page consultée le 8 mars 2025).  

[17] Julien RENAUD. op.cit.

[18] OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Libertarisme », Vitrine linguistique [En ligne] https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26561205/libertarianisme.

[19] VERGE STAFF. « IOS: A visual history », The Verge, 16 septembre 2013 [En ligne] https://www.theverge.com/2011/12/13/2612736/ios-history-iphone-ipad (page consultée le 26 mars 2025).

[20] Louis BRUNET. « La conception leibnizienne du lieu et de l’espace », Laval théologique et philosophique, vol.35, no 3, 1979, p. 3-11.

[21] Jean-François RIAUX. « L’espace comme "forme a priori de la sensibilité" », L’Enseignement philosophique, vol. 66, no 4, 2016, p. 9-25.

[22] Mylène RICHARD. « C’était la Coupe Stanley ou rien », Le Journal de Montréal, 7 octobre 2024 [En ligne]  https://www.journaldequebec.com/2024/10/07/cetait-la-coupe-stanley-ou-rien (page consultée le 5 avril 2025).  

[23] Ibid.  

[24] Rudy NORMANDIN. Éthique et politique adaptées aux sciences humaines 340-DJB-JQ [notes de cours], La Malbaie, Centre d’études collégiales en Charlevoix, hiver 2025, p. 12.

[25] Émilie CÔTÉ. « Fâchés, mais après? », dans La Presse+, 15 octobre 2022, p. ARTS ET ÊTRE_13. 

[26] Dominic TARDIF. « L’empathie est un acte de résistance », dans La Presse+, 11 octobre 2022, p. ARTS ET ÊTRE_5. 

[27] On est en effet assez loin de paroles percutantes évoquant cet homme qui « se coud le cul » ou cette lesbienne qui se fait « poser une bite en métal » (« Puits sans fond », Compter les corps) ou de titres comme « Cocaïnomane » (La vie est belle), « Pourri sale » (Regarde le monde) ou « Dieu se pique », « Scatophile » (Aimer le mal).

[28] Philippe RENAUD. « Vulgaires Machins, entre désillusion et solution », dans Le Devoir, 8 octobre 2022, p. LED1, LED6, LED7. 

[29]  B.A.R.F. (Blasting All Rotten Fuckers) est un groupe québécois (metal, hardcore, punk) réputé pour critiquer la société.

[30]  Béru (Bérurier noir) est un groupe de punk-rock français reconnu également pour son engagement politique et social. Par exemple, leur pièce « Porcherie », en opposition à l’extrême-droite française, peut être associée à Orwell et à son « Animal Farm » : un cochon incite les animaux d’une ferme à se révolter contre leur maître, dans l’espoir d’égalité, mais les cochons accaparent le pouvoir pour devenir, en quelque sorte, de nouveaux « humains ». Le référent à Orwell et l’ironie rappellent sans nul doute l’univers des Vulgaires Machins sur Disruption

©Costume Records

©Costume Records

MÉDIAGRAPHIE

Album étudié

 

VULGAIRES MACHINS. Disruption, Costume Records, 2022.

 

Sur les Vulgaires Machins

BERTRAND, Caroline. « Les Vulgaires Machins et la colère pertinente », Métro Montréal, 20 octobre 2022 [En ligne] htpps ://journalmetro.com/culture/rencontres/2931131/les-vulgaires-machins-et-la-colerepertinente/.

 

CÔTÉ, Émilie. « Fâchés, mais après? », dans La Presse+, 15 octobre 2022, p. ARTS ET ÊTRE_13.

 

RENAUD, Julien. « Les Vulgaires Machins en double secret », Le Quotidien, 17 novembre 2022 [En ligne] https://www.lequotidien.com/2022/11/17/les-vulgaires-machins-en-double-et-en-secret1ed8abfdc34f3e873a4e19988fc88dd2/ (page consultée le 22 février 2025).

 

RENAUD, Philippe. « Vulgaires Machins, entre désillusion et solution », dans Le Devoir, 8 octobre 2022, p. LED1, LED6, LED7.

 

TARDIF, Dominic. « L’empathie est un acte de résistance », dans La Presse+, 11 octobre 2022, p. ARTS ET ÊTRE_5.

 

Autres sources

AUBIN, Erika et T. LAMONTAGNE, Nora. « Le « convoi de la liberté » en 10 dates », TVA Nouvelles, 14 février 2022 [En ligne] https://www.tvanouvelles.ca/2022/02/14/le-convoi-de-la-liberte-en-10dates.

 

CINOCHE. Le confort et l’indifférence. Denys Arcand [En ligne] https://www.cinoche.com/films/leconfort-et-l-indifference.

 

BRUNET, Louis. « La conception leibnizienne du lieu et de l’espace », Laval théologique et philosophique, vol. 35, no 3, 1979, p. 3-11.

 

CROTEAU, François William.  « Le confort et l’indifférence », Le Devoir, 9 août 2023, p. A7.

 

DUFOUR, Christian. « Bof, la chute accélérée du français au Québec? », La Presse+, vendredi 2 septembre 2022, p. DÉBATS_4.

 

DUMONT, Mario. « Poutine. Il faut tracer une ligne », Le Journal de Montréal, vendredi 21 janvier 2022, p. 15.

 

FARMER, Mylène. « Désenchantée », L’Autre…, Polydor, 1991.

 

LOCO LOCASS. Le Québec est mort, vive le Québec, Audiogram, 2012.

 

MAHDAVI, Kiana et MAHDAVI, Mahsa. « Féministes, cessez de vous complaire dans le confort de l’indifférence », Le Devoir, mercredi 12 octobre 2022, p. A6 (LIBRE OPINION).

 

NORMANDIN, Rudy. Éthique et politique adaptées aux sciences humaines 340-DJB-JQ [notes de cours], La Malbaie, Centre d’études collégiales en Charlevoix, hiver 2025.

 

RIAUX, Jean-François. « L’espace comme "forme a priori de la sensibilité " », L’Enseignement philosophique, vol. 66, no 4, 2016, p. 9-25.

 

RICHARD, Mylène. « C’était la Coupe Stanley ou rien », Le Journal de Montréal, 7 octobre 2024 [En ligne]  https://www.journaldequebec.com/2024/10/07/cetait-la-coupe-stanley-ou-rien.

 

ROBITAILLE, Antoine. « Les 40 ans du premier référendum : rien n’a changé, c’est toujours "le confort et l’indifférence" », Le Journal de Montréal, 19 mai 2020, p. 21.

 

VERGE STAFF. « IOS: A visual history », The Verge, 16 septembre 2013 [En ligne] https://www.theverge.com/2011/12/13/2612736/ios-history-iphone-ipad.

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